Un siècle au service de la collectivité
29 L es foyers à l’attention des soldats ont été mis en place pendant la Première Guerre Mondiale. Le livre d’hommages à Th. Geisendorf-Des Gouttes cite: «Dès la mobilisationde 1914, Geisendorf fut préoc- cupé du sort des défenseurs de la patrie. Au point de vue de la nourriture, de l’équipement et des munitions, nos soldats ne manquaient de rien. Lorsqu’ils entraient dans les villages, on les arrosait généreusement, les caves étaient garnies, la paille était fraîche. Mais les soirées? […] Geisen- dorf a sa réponse toute prête : des foyers chauds, accueillants, avec restauration sans alcool, à bon compte, munis de tout ce qu’il faut pour écrire» 7 . Le premier foyer du soldat fut ouvert à Miécourt dans l’actuel canton du Jura. Il fut baptisé « Pierre-Pertuis ». «On décide d’installer des tentes sur les hauteurs du Jura […], où les soldats sont particulièrement isolés. Les tentes sont prêtes, mais la neige arrive avant elles […] ; ne pourrait-on pas imiter les Anglais sur le front [et] construire une baraque démontable ? […] Un appel est lancé, la somme est vite trouvée et la première Maison du Soldat est envoyée à l’extrême frontière nord-ouest ». 8 Théophile Geisendorf-Des Gouttes, un pionnier et un fondateur Le premier président de la Fondation créée formellement le 12 juillet 1919 fut Théophile Geisendorf-Des Gouttes ( 1874-1953 ). Né à Genève, il entreprit dans cette ville des études de théologie. Il s’occupa aussi de sociologie et d’histoire et déposa des thèses en science poli- tique et en lettres 1 . Il commit divers ouvrages, en particulier sur les conditions des prisonniers de guerre 2 . Avant sa prise de fonction dans la fondation, il a été notamment secrétaire général adjoint du comité national des UCJG ( 1899 ). Il s’établit en 1900 à Marseille. «Durant sept années, il occupe les fonctions de secrétaire général de l’UCJG de la grande cité phocéenne» peut-on lire dans le parcours de vie figurant dans le Journal de Genève à la suite de son décès 3 . Il accomplit en outre plusieurs missions, dès 1917, « dans des camps de prisonniers en France et en Belgique » 4 . Dans le cadre du DSR, il écrivit plusieurs ouvrages : • Pour l’armée suisse, la Maison du soldat ( 1915 ) ; • Lorsqu’ils sont à la chotte ( 1918 ) ; • Nos seize Maisons du Soldat ( 1919 ) ; • Trois ans d’action intellectuelle et morale au milieu des internés alliés (1919) ; • L’alliance universelle des Unions Chrétiennes de Jeunes Gens et son action en faveur des prisonniers de guerre ( 1919 ) ; • Servir ceux qui servent ( 1939 ). 5 Un livre d’hommages lui a été consacré peu après son décès, au début des années 1950 6 . 1 On trouve ses notes de cours sous : http://w3public.ville -ge. ch/bge/odyssee.nsf/Attachments/geisendorf_theophile_ coursframeset.htm/$file/geisendorf_theophile_cours.pdf 2 notamment : «L’expédition et la captivité d’Andalousie» (1810), «Les prisonniers de guerre au temps du Premier Empire (thèse, 1930), «Les prisonniers de guerre au temps du Premier Empire, la déportation aux Baléares et aux Canaries ( les archipels enchanteurs et farouches) des soldats de Baylen et des marins de Trafalgar (thèse, 1937) 3 Journal de Genève, 17.2.1953 ; cité in : Auteur inconnu ; recherche historique DSR ; archives DSR ; 1994 4 Même source 5 Liste non exhaustive, citée partiellement in Auteur inconnu ; recherche historique DSR ; archives DSR ; 1994 6 Sans nom, Th. Geisendorf-Des Gouttes. 1874- 1953 ; Genève, imprimerie Roulet, 1954 7 Cité in : Auteur inconnu ; recherche historique DSR ; archives DSR ; 1994 8 «Le Livre du jubilé, 1877-1927, histoire des cinquante premières années de la Croix-Bleue», Agenda de la Croix-Bleue, Lausanne, 1927, cité in : Auteur inconnu ; recherche historique DSR ; archives DSR ; 1994
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